Il y a des mal aimés dans la vie. La crotte de nez en est. A tort. Gluante. Malléable. Matière première pour créer une maquette, y modeler des personnages pour un film d’animation. Poésie d’une régression et des années de maternelle. Art de la boulette, pouce et index qui se caressent. Hymne à la préhension humaine, à la main-outil. Polymorphe et polyvalente. Patafix mais aussi signature sous les meubles. Arme de vengeance, balourdée dans le café d’un connard. Réutilisable et écologique. Pourtant si méprisée. Il lui aura fallu compter sur l’argot pour jouir de quelques malheureux pseudonymes. Mickey, Tarzan, mouquille. Toujours en attente de ses lettres de noblesse, là où les fèces bénéficient d’abondance. Injustice. Hérésie plus simplement que d’honnir ce qui sort de nous. Résidus et peaux mortes, rognures d’ongle et poils pubiens abandonnés dans un fond de caleçon. Bêtise même du consumérisme. Parmesan humain, cure-dents bon marché, textile pisseux de testostérone.

Au fond, à droite
Un plaidoyer pour la crotte de nez, mal aimée, mal nommée, et pourtant si polyvalente.
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